IL DOIT ETRE LE MEME
POUR TOUS !
Les religions ont toujours voulu apporter une réponse officielle de Dieu à la quête des hommes, réponse traduite, commentée, codifiée, adaptée au temps et au lieu.
C’est bien là que surgit la
difficulté, car s’il existe un Dieu personnel, il ne peut répondre qu’à des
interlocuteurs valables, à des personnes, et non à des choses.
Les formules, les rites interposés entre sa personne et la notre sont à la fois traduction et trahison. Une fois acquise, avec ou même avant le langage dans un milieu donné, ne remplace pas le dialogue intérieur du mystique avec Dieu.
Ces théologies ont enfanté les casuistiques les plus ridicules, légitimé les pires cruautés à l’égard des « infidèles » des castes décrétées inférieures, des animaux définis sans âme, enfin elles ont engendré deux abus douloureux : dans le domaine de la pensée, dans celui de l’action.
Dieu « dont le soleil brille pour tous » ne peut être le Dieu d’une élite, encore moins d’une caste de professionnels !
Or l’Histoire des religions fut souvent celle des intolérances et des persécutions, cela pour deux raisons :
La certitude naïve que l’absolu de Dieu peut être enserré dans nos raisonnements ou asservi à la magie des rites et l’identification des religions aux structures sociales.
Les religions ont localisé le divin dans le temps par leur histoire, dans l’espace par leurs sociétés.
Elles ont cloisonné les hommes au lieu de les unir, aggravant le racisme en le justifiant par les théologies, et se sont laissés asservir par les politiques.
Or les hommes sont divisés en familles religieuses différentes, étanches, parce qu’elles s’enracinent verticalement dans le passé, nourries des sucs de civilisations différentes qui les ont faites ce qu’elles sont.
On ne peut abolir, on ne
doit pas renier, on doit respecter ces insertions qui font leurs richesses
respectives.
C’est pourquoi les religions
actuelles doivent renoncer à trois procédés de prédominance ou de survivance
dont elles usèrent, hélas, si fréquemment, dans le passé :
L’extermination de la
religion rivale !
Le syncrétisme !
Les religions n’ont pas été
qu’opium pour la misère de l’homme,
comme le pensait Marx, ni délires collectifs, selon l’expression de
Freud ; elles ont répondu à
l’angoisse de l’homme devant sa destinée, dés qu’il en sentit le mystère et
sont encore capables d’éveiller en nous les émotions les plus profondes.
Pensons
aux milliards d’humains dont l’existence anonyme fut, au moins par instants,
embellie par la foi, exhaussée par les certitudes surnaturelles au-dessus des
enlisements matériels, confortés dans les pires épreuves par l’amulette
séduisante ou la formule, crue efficace.
L’homme a besoin de rêve et
d’espoir autant que de pain.
Finalement, croire en Dieu,
c’est malgré la mort, aimer la vie. Croire qu’elle a un sens global, même s’il
nous échappe souvent et que le privilège enivrant de notre liberté est de
le lui donner nous-mêmes chaque jour,
par nos moindres efforts orientés par l’amour, en pariant sur la triple et
unique réussite du monde, de l’homme et de Dieu.